
Chaque mois, Peritell invite une personnalité locale à composer et partager une playlist réalisée pour l’occasion. Pour cette cinquième, nous avons convié Jonathan Lieffroy, musicien, ingérieur du son, co-fondateur du label Viro Major Records, animateur radio et DJ.
Chaque Listomania est proposée sur peritell.net ainsi que par le biais de cartes diffusées dans les différents lieux culturels rennais.
Cette playlist est accompagnée par un entretien réalisé par l’illustratrice Ambre Ménard, ainsi que d’un dessin illustrant cette Listomania 5 (ci-dessus) et d’un portrait de Jonathan Lieffroy (en fin d’article).
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Listomania 5 (avril 2026)
La tête dans le mixeur par Jonathan Lieffroy
Accès direct à la playlist sur YouTube (morceaux non mixés).
Tracklist YouTube (cliquer pour dérouler)
01/ BEAK – Strawberry Line
02/ THE SPACE LADY – Major Tom
03/ NICK DRAKE – Pink Moon
04/ DICK RIVERS – Bien Trop Court
05/ KRAFTWERK – Ohm Sweet Ohm
06/ PIERRE BACHELET – Hymne de Trincamp
07/ THE SOUND – I Can’t Escape Myself
08/ AIR – Electronic Performers
09/ LOVE – Alone Again Or
10/ PONI HOAX – The Paper Bride
11/ VLADIMIR COSMA – Monsieur Preskovic
12/ PATRICK FITZGERALD – Safety-pin Stuck In My Heart
13/ THE BEATLES – Because
14/ CAN – Vitamin C
15/ PETER KERNEL – Man Of The Women
16/ DEAD KIDS – David’s Brain
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ENTRETIEN
Johann Feillais et Ambre Ménard avec Jonathan Lieffroy (jeudi 09/04/2026)
Quelles étaient tes intentions en choisissant les morceaux pour cette sélection ?
Je voulais faire découvrir des morceaux que j’aime bien tout en respectant la contrainte qui était de proposer des morceaux calmes et reposés, comme si je les présentais à un pote. En fait, il s’agit d’une conversation avec plein de gens… mais tout seul.
Tu commences par Strawberry Line de Beak et finis par David’s Brain des Dead Kids ; ces morceaux se sont-ils posés d’emblée pour débuter et clore cette playlist ?
David’s Brain s’est tout de suite imposé et Strawberry Line a été interverti avec Electronic Performer de Air. Strawberry Line correspondait mieux à ce que je voulais amener car il est plus lent, plus long et c’est un vrai morceau d’ouverture. Il y a surtout que je me le suis pris en pleine poire la première fois que j’ai pu les voir en concert… où c’était le morceau d’ouverture.
Electric Performers est une influence décrivant très bien mes morceaux synthétiques avec Tempomat ou Master Master Wait… mais il ne résumerait pas l’ensemble de mes projets musicaux.

Sur combien de temps s’est étalée la conception de cette playlist ?
J’ai dû passer une semaine, en y travaillant un peu chaque jour. J’avais pré-sélectionné beaucoup de morceaux, plus ou moins récents, comme s’il s’agissait d’une émission de radio proposant différents types de titres calmes. Mais comme je fais déjà de la radio, j’ai décidé de m’y prendre autrement ! J’ai retenu tous les morceaux qui me tenaient à cœur et mis de côté ceux qui ne fonctionnaient pas assez bien.
Il y a beaucoup de morceaux d’artistes français : Dick Rivers, Pierre Bachelet, Air, Pony Hoax, Vladimir Cosma… Était-ce conscientisé et y avait-il une part d’ironie ?
Je ne m’en étais pas rendu compte, d’autant que mes goûts tendent plutôt vers la pop et le punk anglais !
Il n’y a cependant que Bachelet et Rivers à chanter en français ; j’ai pour ce dernier de l’admiration car c’est le dernier de la période yé-yé à être resté rocker jusqu’au bout. Il s’intéressait vraiment au rock, à la musique, contrairement peut-être à la plupart des autres artistes de cette génération. Il a fait un disque symphonique et expérimental avec Gérard Manset, L’Interrogation, sorti en 1969 ; Rivers considérait que c’était le meilleur album qu’il n’ait jamais fait. Pour ce qui est de sa reprise des Lafayettes, je trouve qu’il y a une approche plus américaine que l’originale.
Je l’ai aperçu il y a presque vingt-cinq ans à un concert de Paul McCartney à Bercy ; il est arrivé dans le carré VIP, habillé en noir, avec sa banane, ses santiags, et tout le monde l’a accueilli en chantant Twist à Saint-Tropez !
On perçoit, dans ta playlist comme dans la musique que tu composes pour Tempomat, à la fois de l’ironie donc, mais aussi une grande part de sincérité…
Dans Tempomat j’ai mis plein de trucs que je ne pouvais pas caser dans mes autres groupes depuis 20 ans tellement ça pouvait être ringard… mais là j’en ai pris le parti ! J’aime bien que l’on puisse se dire « qu’est-ce que c’est beau… mais c’est quand-même un peu ringos ! ». Il peut y avoir de l’ironie à la limite du mauvais goût.

Comment s’est monté ce projet ?
C’est un groupe de confinement, comme il a pu s’en créer plein, né d’une forme de libération. Je n’avais au départ qu’un seul morceau pour lequel je me disais « tiens, ça ressemble à du Derrick ! », avant d’y coller des images pour pousser l’idée encore plus loin… et de là est venue l’idée de monter un ciné-concert.
Il a fallu six mois de composition, d’enregistrement, de mixage et de calage d’images – tout seul. J’ai été rejoint assez vite par Nicus et Fred Campo de Frustration dès lors qu’il a fallu préparer le live. Nous avions échangé des morceaux, sans idée derrière la tête, durant le confinement car nous nous connaissions depuis quelque temps puisque je suis ingénieur du son sur les concerts de Frustration.
La composition a commencé fin mars 2020 et nous avons débuté les répétitions en octobre ; l’album s’est également fini en octobre mais n’est sorti qu’un an plus tard. Depuis, nous avons fait une cinquantaine de concerts dont certains en Allemagne.
Pourquoi Derrick ?
Je suis fan de Derrick depuis très longtemps, peut-être de façon obsessionnelle, et j’avais déjà en tête un stock d’épisodes déjà vus pour le plaisir. Mon idée d’adjoindre à ma musique des images ne s’est vraiment arrêtée qu’après avoir terminé le deuxième morceau. J’ai décidé de finir l’intégralité de l’album avant de rechercher les séquences dans les épisodes ; des séquences pour lesquelles il n’y avait pas besoin de faire de montage et qui collent parfaitement avec la musique.
Franck Duval, l’un des principaux compositeurs des musiques de Derrick improvisait sur les images avec ses synthétiseurs et boîtes à rythme. Pour ma part j’essaie juste de faire correspondre au moins un point de montage, par exemple une cymbale, afin de créer l’illusion que l’ensemble est synchronisé.
Et pourquoi jouer uniquement avec des claviers Korg ?
J’ai rencontré au lycée Thomas Poli, futur ingénieur du son, producteur et musicien collaborant avec Dominique A, Miossec, Laetitia Sheriff, Montgomery… Quelques années après, j’avais joué sur un de ses premiers enregistrements, et à cette occasion nous nous sommes intéressés aux instruments joués sur les albums de Air, et Thomas s’est acheté un Korg MS20.
À force de jouer dessus, c’est devenu mon synthé mythique. Lorsque nous avons monté Master Master Wait avec Salo Jr (Johnny Boy, Zeropolis) nous avons réussi à en obtenir un, suivi d’un MS10. Le groupe s’est arrêté, le MS20 est parti mais j’ai pu conserver le MS10 – alors mon seul « vrai » synthé avec lequel je joue donc toujours. Il faut des années pour maîtriser ces instruments, et avoir un raisonnement scientifique pour comprendre le fonctionnement de leurs différents composants ainsi que les différents raccordements possibles.
Pour Tempomat, nous avons deux MS10, un MS20, un Korg Delta et un Korg Minilogue. Sur scène, je joue également avec une basse Vox Apache – marque rachetée par Korg –, équipée d’une petite boite à rythme fonctionnant avec des piles et permettant de s’accompagner – mais dont je ne me sers pas.


Depuis 2025, vos concerts se terminent par une sorte de bonus-track…
C’est une reprise de Eins Zwei Polizei de Mo-Do, de l’Italien Fabio Frittelli faisant de la techno allemande, sorti en 1994. Comme c’était chanté en allemand et que cela parlait de police… c’était pour nous ! Nous l’avons interprété à la suite d’une commande pour la compilation rouennaise Sick Sad World, projet né durant le premier confinement consistant à reprendre un morceau des années 1990-2000. Ce morceau figure sur leur quatrième volume.
En concert, la musique est accompagnée d’images réalisées par le biais d’une IA générative datant maintenant de 18 mois. Il y a le côté foireux de Derrick, avec la reprise d’un vieux morceau, des images visuellement datées d’une durée maximale de huit secondes où l’on voit Derrick et Harry en couple… C’est une œuvre d’art totale !
Comment est diffusé votre disque, Aus Der Reihe Derrick?
Le disque est sorti sur le label Viro Major Records, que nous avons monté avec Pat Jérôme pour sortir un des albums de notre groupe Last Night afin d’être indépendants, d’avoir notre propre truc… mais aussi parce que trouver et travailler avec un label peut être inutilement chronophage. Nous faisions nos disques nous-mêmes donc pourquoi ne pas les sortir nous-mêmes ? Et nous ne sortons que nos albums : Last Night donc, Règlement – mené par Pat –, ainsi que celui de Tempomat. Pour la distribution, les ventes se font par l’intermédiaire de Bandcamp mais aussi parce que nous sommes diffusés par le disquaire Born Bad.

Parmi tes multiples casquettes, tu es entre-autre ingénieur du son en studio et en live. Comment peux-tu exprimer des choix artistiques, des intentions, alors que tu n’es pas membre du groupe avec lequel tu collabores ?
Il y a d’abord le temps laborieux de l’enregistrement durant lequel il faut donc prendre le son ainsi que d’autres d’informations, puis celui de la restitution de tout cela durant le temps du mixage – au cours duquel les choses se révèlent.
Il faut bien écouter le groupe, le regarder jouer et comment les membres interagissent, pour que ce qu’ils font ensemble – d’un point de vue musical et en dehors – ressorte. Lorsque tu produis un album ou un morceau, tu peux proposer des idées… et cela devient alors enrichissant pour tout le monde. C’est l’aspect artistique de mon poste, sans pour autant être membre du groupe : ce décalage, ce recul rend parfois possible d’enlever une idée devenue superflue ou d’en élever une autre à un niveau supérieur.
En tant que musicien ou que technicien, réfléchis-tu parfois à la péremption des morceaux enregistrés ?
D’instinct non car je fais les morceaux pour le moment même. Lorsque je me réécoute plusieurs années après, même si certaines choses sont datées, perfectibles, j’ai toujours un regard attendri – même si j’essaie d’apprendre des erreurs du passé. Après, si dans 20 ans on me dit que Tempomat est daté, je crois que je m’en fous également. Je n’ai pas la prétention de me dire qu’il faut que je fasse attention à certains effets qui pourraient mal vieillir : je fais de la musique pour les gens qui achètent des disques et qui viennent voir des concerts.


Enregistres-tu et mixes-tu dans un studio identique d’un projet à l’autre ?
J’habite à Groix avec une pièce avec de quoi enregistrer et mixer, mais ce n’est ni assez grand ni assez insonorisé pour en faire vraiment un studio. Je fais plutôt cela au centre culturel Main d’œuvre à Saint-Ouen, dans lequel je suis résident avec le groupe Last Night.
Tu fais de la radio depuis 2006 avec Canal B à Rennes puis avec Radio Balises à Groix. Quelle part la pratique de la radio a-t-elle pris et prend-t-elle dans ton éducation musicale ?
J’ai énormément appris de mes années à Canal B, de 2006 à 2012, entre-autre musicalement avec l’une de leur pièce qui contenait un truc comme 20.000 CDs et dans laquelle les membres pouvaient piocher. J’avais à cette époque une émission, La Tête dans le mixer, avec laquelle nous proposions avec Christophe 30 nouveautés chaque semaine ; l’arrivée de MySpace nous a permis de découvrir encore plus de morceaux et d’en savoir plus sur les groupes. Pendant 1h30 nous passions de la musique forte tout en criant dans le studio en direct le dimanche dans des locaux vides. C’était une période dingue durant laquelle j’ai donc découvert pas mal de choses. À part cela, je n’écoute pas la radio pour la musique – cela a même tendance à m’ennuyer – ; et même plus jeune, je découvrais davantage d’artistes par mes propres moyens que par l’intermédiaire de la radio.
Adolescent, je passais du temps dans les magasins de disques, ce que je ne fais plus car il n’y en a pas à Groix. Aujourd’hui, j’en découvre en parlant avec d’autres personnes écoutant de la musique, en me servant de Bandcamp et en étant abonné à beaucoup de newsletters de labels et de distributeurs.
Aujourd’hui je suis technicien et animateur bénévole à Radio Balises, où j’ai en charge les émissions 16h du mat’ et 22h du mat’, avec des morceaux moins pointus – et sans ligne artistique directrice – mais j’ai l’occasion de faire des découvertes par l’intermédiaire des autres personne m’entourant. La radio est basée à Lanester et il y a donc un studio d’enregistrement à Groix ; c’est diffusé en différé mais je tiens à ce que cela soit enregistré dans les conditions du direct : cela a un aspect addictif.
Tu as également une activité de DJ ; cela se fait dans quel cadre, dans quels lieux ?
Lorsque j’étais à Paris je jouais à Paris, maintenant que j’habite Groix, c’est évidemment davantage à Groix. Je mixe à présent dans les bars de l’île à l’occasion de fêtes déjà établies comme par exemple lors du dimanche de Pâques de 1h à 4h du matin, le 31 décembre… surtout pour faire danser les gens avec des morceaux technoïdes. Parfois lorsque je joue à l’heure de l’apéro, il m’arrive de glisser des morceaux similaires à ceux de la playlist, avec par exemple du Air, les Dead Kids, The Sounds. L’idée est toujours de faire découvrir des morceaux et des artistes inconnus du public ; soit en vinyle soit avec mon ordinateur.
Proposes-tu généralement une setlist plus ou moins élaborée ou bien fonctionnes-tu sur le principe de la kyrielle où tu n’as que le premier morceau de déterminé ?
J’ai généralement mes trois premiers morceaux en tête en fonction du lieu et de l’heure, avant d’évoluer en fonction du public, de comment les premiers morceaux sont reçus. On dit souvent « un morceau pour le DJ, deux morceaux pour le public », j’essaie pour ma part d’être très attentif : si les gens dansent et se marrent, cela me porte aussi.
Pour finir, par le début, peux-tu commenter chacun des morceaux de la playlist ?
- 01/ Beak – Strawberry Line : morceau d’ouverture du dernier LP. Je trouve tous les morceaux de cet album parfaits. Celui-là était joué en ouverture également des concerts de la dernière tournée ; je les ai vu à l’Hydrophone à Lorient, un des meilleurs concerts auquel j’ai assisté.
- 02/ The Space Lady – Major Tom : The Space Lady est une artiste de l’Outside Art américain. Elle s’accompagne avec un petit clavier Casio pour faire des reprises, et quelques morceaux originaux. Elle joue dans la rue le plus souvent, depuis les années 1970.
- 03/ Nick Drake – Pink Moon : c’est un artiste que j’adore. Je ne suis pas trop folk, mais il y a chez Nick Drake un truc qui va au-delà, sûrement le côté pop sombre. Pink Moon est le 1er morceau (et album) que j’ai découvert de lui. En plus d’être un morceau superbe, ça me rappelle pas mal les années de fac à Rennes 2.
- 04/ Dick Rivers – Bien Trop Court : j’ai beaucoup d’estime pour Dick Rivers, il est resté un rocker toute sa vie avec ses Santiags et sa banane, sans se la ramener. Il a très bien fait beaucoup de reprises dans les 60’s, mais cette cover des Lafayettes, Life’s Too Short sort du lot. Moins rapide que l’originale, plus retenue.
- 05/ Kraftwerk – Ohm Sweet Ohm : c’est un groupe que j’écoute régulièrement. J’avais pris une bonne claque en découvrant l’album Radioackivität. C’est un groupe qui a nourri ma germanophilie. Ce titre est le dernier de l’album. C’est un crescendo général, le morceau est de plus en plus rapide et dense, jusqu’à cette orgie harmonique à la fin. Je l’ai pas mal écouté pendant la conception de l’album de Tempomat.
- 06/ Pierre Bachelet – Hymne de Trincamp : ce n’est pas tant pour l’artiste (qui a fait des choses géniales trop méconnues) que pour le film Coup de tête dont est tiré ce morceau. C’est un de mes films préférés, de Jean-Jacques Annaud, avec Patrick Dewaere.
- 07/ The Sound – I Can’t Escape Myself : je ne connais pas trop le reste de la discographie du groupe, mais j’aime beaucoup ce premier album, Jeopardy. Ce titre est complètement tragique et tendu, les interventions surmixés de la guitare sont géniales. C’est un morceau que j’ai mis longtemps à apprécier et à écouter jusqu’au bout, je ne supportais pas le son détimbré de la caisse claire.
- 08/ Air – Electronic Performers : j’ai découvert le groupe en 1999 ou 2000 avec Moon Safari, album que j’ai rincé dans tous les sens. Electronic Performers est le morceau d’ouverture de l’album 10000 Hz Legend, et je l’ai redécouvert pendant la composition de Tempomat.
- 09/ Love – Alone Again Or : j’ai sûrement un truc avec les morceaux d’ouverture, celui-ci est celui de Forever Changes, le troisième album de Love. C’est un disque incroyable d’harmonisation dans tous les sens, presque parfois jusqu’à la nausée. Longtemps peu considéré, c’est devenu un album complètement culte. Je l’ai beaucoup écouté ado.
- 10/ Poni Hoax – The Paper Bride : je ne connais pas trop le reste de la disco du groupe, encore une fois. The Paper Bride est un morceau génial, encore un truc tendu-tragique comme j’aime. J’ai vraiment écouté attentivement le morceau un jour sur l’autoroute en tournée ; ça marche très bien sur l’autoroute.
- 11/ Vladimir Cosma – Monsieur Preskovic : un extrait de la BO du Père Noël est une ordure. Il n’y a pas du tout Monsieur Preskovic dans la séquence, c’est seulement Jugnot qui rentre se libérer de sa camisole de force dans sa caravane. Il n’y a d’ailleurs que la partie synthétique dans le film. Un autre morceau qui a sûrement nourri un peu Tempomat, aussi bien dans le kitsch de la première partie que dans celui de la seconde, plus pop un peu ringarde.
- 12/ Patrick Fitzgerald – Safety-pin Stuck In My Heart : urgent, simple et tragique, un peu comme un résumé très concis de la définition du punk. Carrière un peu chaotique pour Patrick Fitzgerald, ses disques n’ont jamais tellement marché. Le morceau est son 1er 45T , en 1977.
- 13/ The Beatles – Because : il fallait bien que je mette un morceau des Beatles. En bon fan pathologique, je n’aurais pu faire une playlist qu’avec le groupe. J’ai choisi cette version a cappella de Because parce que les harmonies vocales sont dingues. Il y a neuf voix superposées, enregistrées en 3×3 voix. Un des morceaux forts du chant du cygne Abbey Road.
- 14/ Can – Vitamin C : gros tube de Can. C’est presque un morceau pop parce qu’assez différent de la plupart des titres complètement krautrock du groupe. La voix est incroyable. Pour l’anecdote, ce morceau a fait le générique d’un épisode de Tatort, on reste dans les séries policières allemandes.
- 15/ Peter Kernel – Man Of The Women : duo suisse, que j’ai découvert pendant mes années rennaises grâce à l’asso de concerts K-Fuel. Au-delà de la compo qui est super, je trouve que le mix est particulièrement bien foutu. D’ailleurs je m’en sers pour tester le système son d’une salle quand je fais le son pour Frustration.
- 16/ Dead Kids – David’s Brain : j’ai découvert les Dead Kids sur Myspace en 2007. J’ai dû les passer 10000 fois dans l’émission La Tête Dans Le Mixeur sur Canal B. Ils ont eu une carrière assez courte, quelques 45T, un passage dans le Hall 9 au Trans 2009, mais ils ont eu du mal à sortir leur 1er LP, qu’ils ont publié sur internet gratuitement, tout en splittant. Ce morceau est parfait pour terminer la playlist en l’ouvrant sur autre chose.

